ASSOCIATION des DIRECTEURS RETRAITES des LABORATOIRES VETERINAIRES DEPARTEMENTAUX
Le Laboratoire Départemental d'Ajaccio  
                                                        par Jean Pierre Lamberet
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La DSV : Au commencement, il y avait un cartable : le prédécesseur de M. Antoine Romani promenait le service vétérinaire dans un cartable qu’il lui avait remis.
 
Et M. Romani avait développé le Service Vétérinaire à partir de ce cartable.
Sa principale action avait été au début de distribuer des gélules de tétrachlorure de carbone contre la grande douve (barabatula en corse) par les Groupements de Défense Sanitaire bien structurés. 3 vétérinaires sanitaires se partageaient les 8 680 km²; et 2 préposés sanitaires surveillaient l’abattage dans 2 abattoirs et au moins autant de tueries que de communes. 
Il avait fait construire un bâtiment pour abriter le Service, le laboratoire et son logement, c’était écrit en grandes lettres sur la façade ; (pour le service et le laboratoire, mais pas pour le logement). 
Mais le labo était vide. Et le concours ouvert. 
 
Je n'étais pas tout neuf pour les laboratoires : une année de spécialisation en 1962 dans l'industrie de la viande m'avait amené au labo central de l'Intendance de l'armée où je côtoyais le labo des Halles et les illustres précurseurs de l'inspection sanitaire. Puis en 1965, un laboratoire privé à Rambouillet, dont l'objectif était surtout de vendre des vaccins, me bombardait spécialiste des Listeria pour écumer la France à la recherche de souches et me chargeait de cours à la bergerie nationale où je me formais aux rudiments de la vulgarisation.  
 
Puis, le Ministère de l'Agriculture m'offrit le choix entre plusieurs postes d'adjoint DSV pour les laboratoires ; avant les lois de 1982, il n’y avait aucune distinction entre le service vétérinaire et le laboratoire, son chef étant souvent de fait un adjoint pour les actions dans la santé animale. Je choisis le plus au Sud : la Haute Loire et y faisais surtout la prophylaxie de la Tuberculose dans les endroits sensibles. 

Une année à Montpellier me permettait d'obtenir les certificats de biologie nécessaires au poste de directeur de laboratoire, tout en travaillant au Labo DSV et CRFO (centre de recherche sur la fièvre ondulante) avec M. Quatrefages (qui fabriquait génialement l'antigène SAW pour toute la France ) et je rentrais au Puy en 1967 pour m'entendre signaler vertement en 1968 par le DSV l'incompatibilité de mon engagement dans une amicale laïque avec mon poste de fonctionnaire du Département ; je démissionnais donc.

C'est ainsi que je débarquais à Ajaccio, en 1969 pour un concours en bonne et due forme. 
La mission du poste à pourvoir était plus précisément l’éradication de la fièvre de Malte sur les 250 000 petits ruminants, tous les moyens à mettre en place : 
- le laboratoire certes ; 
- l’application de la réglementation ; 
- le personnel de terrain : recrutement et formation, car il n’y avait pas de formation initiale ; 
- l’information des éleveurs par laquelle il fallait commencer qui a occupé au moins la moitié de mon temps pendant 3 ans.  
Mon cursus m'avait donc bien préparé à ce concours, et je réussis d'autant plus que j’étais seul candidat.

La lutte contre l'épidémie de brucellose se confond donc au début complètement avec l'histoire du labo, celui-ci étant l'acteur principal au service de la Corse. 
Visites aux vétérinaires qui ne comprenaient pas encore l'utilité d'un labo et me prenaient parfois pour un touriste, aux bergers qu'il fallait découvrir et convaincre qu'une prise de sang ne tuait pas forcément l'animal.

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