ASSOCIATION des DIRECTEURS RETRAITES des LABORATOIRES VETERINAIRES DEPARTEMENTAUX

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Pendant longtemps, pour certains directeurs de laboratoire, toute demande concernant la construction de nouveaux locaux mieux adaptés, dignes d’un laboratoire, est restée lettre morte et est tombée aux oubliettes. 
Non seulement, assez souvent, le directeur du laboratoire a à sa disposition des locaux mal adaptés, si ce n’est insalubres et minables, un personnel insuffisant, mais en outre son salaire, prévu par un statut obsolète et resté longtemps obsolète, n’est pas élevé et ne sera pas augmenté avant de nombreuses années. Pour pallier ce faible salaire, il a été prévu au plan national une prime annuelle dont le taux peut varier de 0 à 35% du salaire annuel, prime ne rentrant pas en compte dans le calcul de la retraite et dont l’attribution est laissée au bon plaisir du directeur des services vétérinaires et du Préfet. La plupart des directeurs des services vétérinaires auront l’honnêteté de proposer l’attribution de cette prime à 35%, parfois à 20% ou à 15% pour le directeur du laboratoire, mais certains et ils ne sont pas nombreux, heureusement, particulièrement mesquins, jaloux sans aucun doute et minables sur le plan humain, estimeront que le directeur du laboratoire n’a pas à bénéficier de cette prime, même s’il a fait preuve, malgré une atteinte par la brucellose, d’un travail soutenu, honnête, consciencieux. Certains directeurs de laboratoire –on les compte sur quelques doigts- ont ainsi perdu pendant leur carrière, sans avoir aucunement démérité, des sommes très importantes. Ils auraient pu, en bénéficiant de cette prime, avoir des émoluments correspondant mieux à leur qualification de vétérinaire biologiste. Il y a eu là une profonde injustice dont seuls sont responsables quels rares directeurs des services vétérinaires. 
Telle était la situation dans les années 1960, parfois 1970. Il a fallu beaucoup de courage, de ténacité, d’abnégation, un grand amour de la fonction, à la plupart des directeurs de laboratoire ou chefs de laboratoire pour sortir victorieux de ces difficultés. Les directeurs de laboratoire, dans un but d’entraide, ont créé l’Association des vétérinaires directeurs de laboratoire (AVDILA) sous la présidence du regretté confrère Pierre COLLIN qui, secondé par quelques autres directeurs de laboratoire a su par son dynamisme et ses interventions faire connaître un peu mieux auprès de l’Administration centrale les laboratoires départementaux et leurs directeurs, également tous les problèmes qui étaient à résoudre. L’Administration centrale, poussée par la nécessité, a peu à peu, pris conscience de l’importance des problèmes posés par les laboratoires des directions des services vétérinaires et des services précieux que pouvaient rendre ces laboratoires. Cette prise de conscience a été longue et s’est traduite de plusieurs façons : 
Une aide à la construction de nouveaux locaux adaptés au travail demandé. 
La fourniture de matériel et d’un peu de personnel. 
La possibilité offerte au directeur de laboratoire et, dans un deuxième temps, au personnel, de suivre des stages fructueux dans les différents laboratoires nationaux. 
Un grand merci doit être adressé aux Professeurs FONTAINE, GANIERE, LAUTIE, aux regrettés Professeurs JOUBERT, SAURAT, TOURNUT, à Mme le Dr Vre FONTAINE, aux contrôleurs Généraux DASPET, DUFRESNE, MONROTY et à un certain nombre de directeurs des services vétérinaires qui, dans les premières années des laboratoires vétérinaires départementaux, ont aidé les directeurs de laboratoire très utilement par leurs conseils techniques, leur soutien parfois et ont fait preuve à leur égard d’une très amicale collaboration. Que ceux qui ne sont pas mentionnés et qui le mériteraient veuillent bien nous pardonner. 
Un grand merci également à tous les directeurs des Laboratoires Nationaux et à leur personnel qui ont permis à chaque directeur de laboratoire demandeur de parfaire ses connaissances, que ce soit au cours de stages nombreux et fort bien organisés ou lors d’entretiens téléphoniques. 
Et puis il y a eu cette forte camaraderie entre directeurs de laboratoire, cette confraternité où certains très qualifiés en un domaine n’ont pas hésité un seul instant à aider les moins qualifiés. 
Par toutes les personnes citées ci-dessus, les directeurs des laboratoires départementaux ont été considérés avec respect et confraternité et non avec condescendance, mépris ou indifférence, comme cela a parfois été le cas avec certains directeurs des services vétérinaires ou par certains haut-placés de l’Administration centrale, imbus les uns et les autres de leur fonction. Il y a dans tout individu une dignité qu’il faut savoir respecter. 
 
Les laboratoires des directions des services vétérinaires départementaux ont grandi peu à peu ; leur activité s’est accrue considérablement dans le domaine de la santé animale (aide au diagnostic, contrôle, prophylaxie des maladies), en hygiène alimentaire (aide à la fabrication, contrôle), en d’autres domaines (eaux etc.). Leur compétence a été de plus en plus reconnue par le monde de l’élevage et les professionnels de l’agro-alimentaire. Ils ont également réalisé ou participé à de nombreuses enquêtes et études diverses. Ils sont devenus les interlocuteurs privilégiés des vétérinaires praticiens et sont apparus comme les acteurs indispensables des plans d’épidémio-surveillance sous le contrôle des laboratoires nationaux. Leur dénomination a changé : ils sont devenus progressivement les laboratoires vétérinaires départementaux, puis les laboratoires départementaux d’analyse du département X ou Y, après la décentralisation et l’acquisition de l’autonomie. Le directeur du laboratoire, qui n’est plus obligatoirement un vétérinaire, est devenu chef de service. Chaque laboratoire a eu son budget et n’a eu de compte à rendre qu’au Conseil Général. C’est seulement à partir de ce moment-là que les laboratoires vétérinaires départementaux ont pu s’épanouir et devenir pleinement efficaces. L’enfant était devenu adulte et avait quitté son papa, le directeur des services vétérinaires, qui n’était pas toujours un bon papa. Il aura fallu, pour en arriver là, un peu moins de trente ans. 
Enfin, le décret du 28 août 1992 a établi le nouveau statut des vétérinaires biologistes territoriaux, accompagné d’une nouvelle échelle indiciaire comparable à celle des vétérinaires inspecteurs de l’Etat et de la Recherche, mais applicable seulement aux vétérinaires biologistes en activité. Par contre, les directeurs de laboratoire retraités n’ont pas été reclassés indiciairement, la Caisse nationale de retraite refusant de prendre en compte leurs années d’activité. Ils ont donc conservé leur indice 901 auquel ils étaient déjà bloqués depuis une vingtaine d’années. 
 

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