Et nous devenons " Laboratoire Départemental d'Analyses "
L'effectif du laboratoire grossissant (27 personnes) pour répondre aux nouvelles demandes, mais aussi parfois inopinément entre les deux tours des cantonales (?), le Président du Conseil Général décida de nous offrir un bâtiment neuf et spacieux :
A partir de ce moment, malgré les délégations aux responsables de secteurs et le recrutement d'une vétérinaire, la tâche de direction va devenir de plus en plus importante et entraîner la direction vers un travail de plus en plus administratif :
La construction d'un nouveau bâtiment : 1987 – 89
La rédaction du cahier des charges fut un tout nouveau travail : après les audits des différents services du labo, avec l'aide de collègues du labo central d'Alfort et d'un ingénieur DDE compatissant, je réussis à le rédiger en quelques week-ends.
Lors du choix de l'architecte, le Président choisit un cabinet d'architecture parisien qui avait été lauréat du grand prix de Rome, mais qui ne savait pas ce qu'était un Laboratoire.
Après quelques essais de discussion pour l'interprétation du cahier des charges, l'architecte partagea le travail : lui l'aspect extérieur, moi l'aménagement intérieur ; je passai donc encore week-ends et soirées à triturer l'espace intérieur pour tout faire rentrer ; et je dus négocier sérieusement pour l'acquisition du mobilier (car l'architecte prévoyait une très belle façade) !
Des crédits européens, destinés à l'environnement et particulièrement aux traitements des déchets restant inemployés, furent recyclés pour équiper le laboratoire en matériel scientifique de pointe. Le service des marchés du Conseil Général ne se sentant pas concerné, l'élaboration des dossiers pour postuler me revint, ainsi que les appels d'offre européens pour ces acquisitions qui me détournaient désagréablement du travail scientifique et de direction.
Le laboratoire poursuivant son développement dans le secteur des analyses agricoles et celui de l'environnement, les réponses aux appels d'offres, la mise en route de l'informatisation rajoutèrent encore quelques couches de travail administratif.
Et, autant l'administration me proposa des scientifiques niveau Bac+5 comme technicien, autant je ne réussis pas à faire comprendre le besoin d'un cadre administratif.
La direction d'un laboratoire doit être exercée par un scientifique dans le domaine du laboratoire, car ses décisions en matière de moyens humains, matériel et techniques sont dictées par des connaissances scientifiques, mais le sens des procédures administratives et comptables lui sont plus étrangères et lui paraissent parfois barbares.
De ce conflit naîtra, chez le chef de l'exécutif, l'idée de me menacer d'un blâme lorsque je tentai de m'opposer au recrutement, sans concours, d'un de ses parents alors que j'avais un besoin criant d'un cadre administratif pour me décharger de ce travail qui me détournait du travail de directeur.
C'est ainsi que je laissai à mon successeur, un chimiste, la direction d'un labo de 43 personnes, que j'avais pour ainsi dire créé en 31 ans, en lui souhaitant bon courage.
Et que je fus très heureux de retrouver des bergers qui se souvenaient avec émotion de l'action que nous avions menée ensemble.
3/3