DEPART A LA RETRAITE
André VILLON LDA 84
Mardi 21 janvier 2014
Monsieur le Directeur général adjoint, madame la Directrice, monsieur le Directeur, chers collègues, chers amis,
En préambule à ce petit discours, je voudrais vous remercier tous d’être venus ici aujourd’hui, et je remercie aussi ceux qui, indisponibles, se sont excusés.
Et ce n’est pas sans une certaine émotion que je vais m’exprimer !
Ayant passé 31 ans et demi sur ce site, je crois pouvoir retracer un chapitre de l’histoire de ce Laboratoire et même remonter à ses débuts avec diverses informations que j’ai pu recueillir. L’exposition, que j’ai préparée pour vous aujourd’hui, illustre avec des documents et des photos cette histoire.
Mais auparavant, je vais déjà vous dire comment je suis arrivé là.
Je suis originaire d’un petit village des collines boisées de l’Isère. Fils d’éleveur, j’ai gardé le petit troupeau familial pendant de nombreux étés. Mes études m’ont amené à être vétérinaire, puis des spécialisations à l’Institut Pasteur de Paris, ainsi que d’autres certificats de biologie médicale, m’ont orienté vers une carrière de laboratoire.
La curiosité à découvrir le monde m’a conduit à travailler en Ethiopie (un an et demi du temps d’Hailé Sélassié ; ça ne rajeunit pas !), ensuite deux ans en Afrique de l’ouest et sept mois aux Antilles, le tout pour des enquêtes épidémiologiques humaines ou animales. Revenu en région parisienne, j’ai été employé dans un laboratoire vétérinaire privé lié aux élevages intensifs, tout en faisant des études complémentaires.
Ma vie en Vaucluse commence en juillet 1982, lorsque je suis recruté pour la création du Laboratoire Départemental Vétérinaire (à priori le dernier crée en France). Ce laboratoire ouvre ses portes le 1° décembre 1982, avec comme collaborateurs : Josyane Dumas, Françoise Rambaud, Edmond Sylla, tous les trois ici présents, et deux autres agents.
Dans cette première étape, ce laboratoire commence sa progression en effectuant des analyses alimentaires, et de biologie vétérinaire.
Puis arrive en 1984 le moment de la fusion avec le Laboratoire Départemental de Santé.
Mais qu’en est-il de ce Laboratoire Départemental de Santé ?
En fait, depuis 1928, le laboratoire privé du Docteur Gaussen, rue Joseph Vernet était agrée pour effectuer l’analyse des eaux d’alimentation, les analyses demandées par le service des dispensaires antituberculeux et antivénériens, et le contrôle de la transfusion sanguine. Ces activités sont transférées à titre provisoire au laboratoire du Docteur Jean Dulcy, situé à l’angle de la place de l’horloge et de la rue de la République, au 2° étage au-dessus de la pâtisserie, et c’est Josette Bourgeois (Mlle Augier à l’époque), que j’ai le plaisir de présenter à la plupart des personnes ici présentes, qui, à 18 ans en 1945, est recrutée, et se forme au métier de laborantine.
C’est par délibération du Conseil Général de Vaucluse du 26 novembre 1945, que le Laboratoire départemental, plus spécialement affecté aux services des dispensaires, est créé.
En 1948 cette activité est transférée au 19 rue Victor Hugo dans les locaux de la Direction de la Santé (je rappelle que la DDASS n’existait pas encore puisqu’elle a été créée en 1964).
D’après les registres de l’époque, les analyses d’eaux sont répertoriées dans ce laboratoire à partir de 1949.
Notons que Madame Bourgeois est la première à s’être initiée aux groupages sanguins à Avignon, et a réalisé cette activité de 1951 à 1955, en se déplaçant ponctuellement sur d’autres sites.
Ce laboratoire est transféré à la Cité administrative vers 1959, et c’est toujours le Docteur Dulcy qui en a la responsabilité. A la mort de celui-ci en 1966, la personne qui prend la suite est madame Marie Lesbros, une dame très connue dans le monde avignonnais qui avait un laboratoire privé rue Bonneterie. Le laboratoire grandit, avec notamment les recrutements d’un ingénieur chimiste (Mr Fifis) en 1977, rapidement remplacé par monsieur Rocheville début 1979, mais aussi de Solange Milhau partie récemment à la retraite et d’Elisabeth Charles toujours présente au Laboratoire.
Une autre étape importante est le déménagement en avril 1982 sur le site du Centre Sanitaire Départemental flambant neuf, où nous sommes. A l’âge de 81 ans, Madame Lesbros cède la place à Madame Geneviève Lorfeuvre qui en est responsable jusqu’en avril 1984 (à temps partiel comme ses prédécesseurs). Madame Lorfeuvre deviendra plus tard Directeur du Centre de transfusion sanguine.
C’est le 5 octobre 1984 que les histoires du Laboratoire Départemental de Santé et du Laboratoire Départemental Vétérinaire, qui comptent chacun 8 personnes, se rejoignent pour fusionner et former le Laboratoire Départemental Vétérinaire et de Santé, rebaptisé Laboratoire Départemental d’Analyses en 1999.
Je suis nommé directeur, et Jean-Michel Rocheville directeur–adjoint. L’activité de ce laboratoire augmente dans tous les domaines, mais plus particulièrement en hydrologie. Notons que les analyses médicales relatives aux maladies sexuellement transmissibles continuent à être réalisées pour les dispensaires. Elles perdureront jusqu’en 2002.
Le Laboratoire connait rapidement des évolutions dans sa manière de travailler, et dans sa technicité avec des investissements réguliers en matériel (tout particulièrement en chimie des eaux).
Je ne pourrai pas citer toutes les personnes qui ont été recrutées ou qui en sont parties au fil des années ; veuillez m’en excuser.
En 1985 débute, avec la société ICOREM (l’ancêtre de AXIT et de STN) une étude pour la création d’un logiciel spécifique aux analyses d’hydrologie, puis d’hygiène alimentaire. L’informatisation est en route, et évolue à partir de 2001 avec l’installation progressive du système Dipole.
A la fin des années 80 se dessine la nécessité des accréditations (par le RNE avant que ce soit le COFRAC), afin de conserver les agréments ministériels. Avant de s’engager dans cette voie, notre hiérarchie décide de faire réaliser un audit qui porte sur le positionnement du Laboratoire et l’opportunité d’accréditation. Cet audit est effectué en 1993 par la société STN rattachée au Conseil Général. A la suite de cela, un vaste chantier débute en 1995 pour étudier, puis réaliser la mise en conformité des locaux, incluant une rénovation complète qui sera terminée en 1998.
Parallèlement une démarche qualité est entreprise. C’est un important travail collectif. Il est coordonné par Monsieur Rocheville nommé responsable qualité, assisté des correspondantes qualité (Marie-Pierre Ruisan, Josyane Dumas, Françoise Rambaud) et des responsables métrologie (Eric Stevenin et Géraldine Taton), et avec la participation de tous les agents du Laboratoire à différents niveaux.
La restructuration des locaux et la mise sous assurance qualité permettent de passer la première accréditation en 1999. Tous ceux qui étaient là le 23 juin 1999, se rappellent les moments de stress, puis de satisfaction et de soulagement après ce succès collectif.
En 2007-2008, l’équipe du laboratoire traverse une période difficile avec la maladie puis le décès de Jean-Michel Rocheville. Je tiens à lui rendre hommage ici, pour tout ce qu’il a fait pour le Laboratoire. Je remercie toutes les personnes qui se sont impliquées pendant cette période intérimaire, et en particulier Marie-Pierre Ruisan.
En septembre 2008, arrive à point nommé Raphaël Vaivre, avec toute sa capacité de travail, et ses grandes qualités humaines. En effet, c’est le moment de la préparation de la réponse au premier marché du contrôle sanitaire des eaux, qui par ailleurs est brillamment gagné.
Fin 2012 le Laboratoire comptait 43 personnes (plus 11 renforts d’été), alors qu’il en comptait 16 au total fin 1984. C’est un accroissement important, et il est appréciable que Raphaël et moi-même ayons été secondés par les trois assistantes au chef de service que je remercie chaleureusement (Nathalie Fernandez qui succéda à Josyane Dumas, Françoise Rambaud, et Marie-Pierre Ruisan)
L’activité évolue différemment selon les secteurs : accroissement assez régulier en hygiène alimentaire, décroissance en biologie vétérinaire avec la diminution des prophylaxies, et perte d’une partie du marché du contrôle sanitaire des eaux en hydrologie début 2013.
En fait, depuis quelques années un certain nombre de laboratoires en France connait diverses perturbations génératrices d’inquiétude, avec parfois fermeture ou regroupement; tout cela dans le contexte des difficultés budgétaires des Départements.
Mais pour ce laboratoire, qui a beaucoup compté dans ma vie professionnelle, je veux rester optimiste.
Nous avons un capital-confiance auprès des usagers des trois domaines d’analyse (hydrologie, hygiène alimentaire, biologie vétérinaire) car ils reconnaissent la fiabilité technique et le service de proximité qu’on peut leur apporter.
Bien qu’il n’y ait pas eu jusqu’à maintenant de véritable feuille de route formalisée pour orienter nos actions, nous tous avons oeuvré en conscience pour répondre à la demande et apporter le meilleur service ; sans perdre de vue l’intérêt du laboratoire au sein du Conseil Général. Nous avions une certaine liberté d’action, mais je crois que nous n’en avons pas abusé.
La preuve en est que le niveau de subvention d’équilibre est bien placé par rapport aux autres départements de la région et nous n’avons pas à rougir de la gestion effectuée, dans le contexte de l’époque.
Actuellement un audit est réalisé. Je pense que cela peut être positif et permettre de mieux valoriser le travail du laboratoire dans le cadre des politiques publiques du Conseil Général liées à l’environnement, à la santé ou au secteur agro-alimentaire (en tout cas je l’espère !).
A mon départ, une nouvelle organisation sera mise en place. Cela aussi, peut être positif. Il y a tout à gagner d’un nouveau directeur qui apportera du renouveau, une nouvelle énergie, et des compétences actualisées. De plus, il sera soulagé de nombreuses tâches administratives puisque depuis décembre un chef de service administratif a pris ses fonctions. Par ailleurs il y a eu la nomination d’un ingénieur au sein du Laboratoire. Et il y a bien sûr Raphaël Vaivre, qui, je l’espère, devrait en toute logique avoir une place importante dans cette nouvelle organisation, car j’ai pu constater qu’il a de larges compétences et de grandes capacités. J’en profite pour dire, que j’ai vraiment apprécié l’esprit dans lequel on a pu travailler ensemble, et son soutien de tous les jours. Je l’en remercie vivement.
Au terme de ces années passées ici, je peux porter un regard sur le chemin accompli.
J’ai peut-être fait des erreurs, mais… qui n’en fait pas ?
Je sais qu’il aurait été souhaitable de mieux communiquer pour répondre à une attente légitime d’information des agents, mais vous conviendrez que ce n’est pas facile quand les décisions de la haute hiérarchie sont parfois connues de certains, avant que l’on soit autorisé à en parler, ou avant que je les sache moi-même !
J’ai souvent privilégié les concertations aux solutions autoritaires, car j’en connais trop les limites dans le cadre de notre fonction publique. Peut-être n’ai-je pas bien suivi les cours de management ? !
J’ai toutefois la satisfaction que, tous ensemble, on a développé et fait vivre ce bel outil qu’est le Laboratoire Départemental d’Analyses de Vaucluse.
Même si la cohésion n’est pas aussi parfaite que je l’aurais souhaité, je pense avoir contribué au maintien d’activités diverses au sein de ce même laboratoire, et je pense que c’est une bonne chose lorsque le climat économique ou concurrentiel évolue différemment selon les secteurs, au fil des années.
J’ai aussi eu le plaisir d’avoir rencontré des personnes motivées, consciencieuses dans leur travail, et sympathiques.
Avant de clore, j’ai des remerciements sincères à exprimer :
Je remercie monsieur Brun qui me fait l’honneur de sa présence.
Je remercie mes supérieurs les plus proches avec qui j’ai eu plaisir à dialoguer et travailler en confiance. Je veux citer Mr Valdenaire du temps où le laboratoire était directement rattaché à une direction générale adjointe, puis Mr Fageot et Mme Lépine lorsque l’on nous a placés à un niveau en dessous.
Je remercie les personnes de la DDPP, ici présentes, avec qui les relations de travail sont cordiales et efficaces, les représentants de la Fédération des chasseurs, du GDS, et certains vétérinaires avec qui nous collaborons depuis longtemps. Il y aurait aussi à citer de nombreux autres partenaires dans le monde agro-alimentaire ou de l’hydrologie.
Je remercie les personnes d’autres services du Conseil Général, qui nous aident efficacement sur des points spécifiques.
Je remercie tous les collaborateurs avec qui j’ai travaillé dans ce laboratoire, y compris ceux que je n’ai pas pu citer ; mais je remercie plus particulièrement tous ceux qui, dans les moments difficiles, font de leur mieux, au-delà de leur intérêt personnel, pour faciliter le travail, et résoudre les situations compliquées.
Je remercie tous ceux qui par leur qualité humaine et leur intelligence, restent ouverts à un dialogue constructif, simple, franc (car si j’adore m’initier aux langues étrangères lointaines, j’ai du mal avec la langue de bois !).
Je remercie tous ceux qui vont le plus possible vers le positif dans chaque situation, et qui apportent de la bonne humeur !
Je souhaite que le LDA84 vive encore longtemps, au service de tous.
Je souhaite à chacun bonne chance dans sa vie professionnelle, et comme nous sommes en janvier, j’adresse à tous, mes voeux de santé et de bonheur.
Merci !
André VILLON