ASSOCIATION des DIRECTEURS RETRAITES des LABORATOIRES VETERINAIRES DEPARTEMENTAUX
A propos de mes «activités culturelles de retraité»,
                                                                    par Jean-Louis MARTEL
Je me suis engagé dans la Société hyéroise d’histoire et d’archéologie (SHHA) de ma ville natale, Hyères-les-Palmiers (les palmiers sont malheureusement très menacés par divers prédateurs mais il en reste encore), pour éclaircir une énigme locale sur laquelle je butais depuis un certain temps.

En parcourant à pied le centre ville d’Hyères, j’étais intrigué par le nom de « Nocart » (avec un t) donné à une avenue dans le prolongement du boulevard Pasteur à Hyères. Les historiens locaux consultés restant muets sur l’orthographe exacte du nom, le prénom du personnage et aucune date repère, je suis parti en recherche dans les archives municipales. Comme je le pressentais, l’association avec Pasteur n’est pas due au hasard. Il s’agit bien de notre Edmond Nocard (avec un « d » comme dans Nocardia), disciple de la première heure de Louis Pasteur, pionnier de la microbiologie vétérinaire, directeur de l’ENVA et fondateur du Laboratoire Central de Recherches Vétérinaires d’Alfort. Vous apprendrez comment j’ai sorti notre grand ancien des oubliettes de l’histoire locale en cliquant sur le lien suivant :


 

Il reste à éclaircir le lien éventuel entre Nocard et la ville d’Hyères qui aurait orienté ce choix à priori surprenant. J’ai découvert récemment que le maire à l’époque de la décision (1920), le Dr Pierre MOULIS, était…vétérinaire. Fut-il un ancien élève de Nocard ce qui expliquerait le choix de la municipalité. Une piste que je suis en train d’explorer. Si vous avez des informations sur Pierre MOULIS qui était né à Toulouse en 1868 n’hésitez pas à me faire partager vos connaissances. 
 L’intérêt manifesté par l’auditoire m’a conduit à récidiver en 2015, toujours en prenant un point de départ local et un sujet d’intérêt vétérinaire. Le sujet se présente à l’occasion du 250ème anniversaire de l’acquisition, en décembre 1765, du domaine du château d’Alfort, appartenant au baron de Bormes pour y créer l’école vétérinaire. Il faut préciser que Bormes est une petite ville limitrophe d’Hyères, perchée au dessus du petit port de pêche du Lavandou, un observatoire idéal pour surveiller le trafic devant la Corniche des Maures et contrôler l’accès à la rade d’Hyères et au-delà de Toulon. Claude BOURGELAT sachant que le baron de Bormes était dans une situation financière délicate, forcé de vendre son domaine d’Alfort, il en profita de façon outrancière. L’acte de vente obtenu sous la contrainte fut suivi d’une protestation du malheureux vendeur faisant l’objet d’un mémoire qui se trouve aujourd’hui dans les archives de l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort. Ce document présente évidemment un intérêt historique pour notre profession, mais il apporte également un éclairage sur l’histoire locale de la baronnie de Bormes. Pour en savoir plus, cliquez sur le lien : 
  






(et voila pourquoi nos déplacements professionnels parisiens sont passés souvent par Alfort ! On y apprend aussi qu’on a failli aller dans le 93 où Bourgelat avait aussi un site en vue).
Cette année, j’ai encore profité d’un anniversaire remarquable en préparant une conférence sur Honoré FRAGONARD, natif de Grasse et cousin du peintre. Anatomiste, auteur des fameux écorchés, il fut le 1er professeur d’anatomie et directeur de la 1ère Ecole royale vétérinaire de Lyon, avant d’occuper les mêmes fonctions à l’ouverture en 1766 (il y a exactement 250 ans) de l’Ecole d’Alfort. Voila pour le thème dont l’intérêt est renforcé par l’anniversaire remarquable. Mais pour l’intérêt local c’est un peu tiré par les cheveux direz-vous. Il convient de rappeler aux « estrangiers » que sous l’Ancien Régime, le pays grassois est provençal, sur la rive droite du Var, frontière naturelle entre le Royaume de France et le Comté de Nice. A la Révolution, l’arrondissement de Grasse se situe naturellement dans le nouveau département du Var. Mais en 1860, date du rattachement de Nice à la France qui entraina la création du petit département des Alpes Maritimes, on détacha Grasse du grand 83 pour l’intégrer dans le petit nouveau 06 (et voila pourquoi le Var est le seul fleuve français qui aujourd’hui ne coule pas dans le département qui porte son nom). Mais notre anatomiste Honoré Fragonard (1732-1799) est bien né provençal et mort varois. Pour en savoir plus cliquez sur le lien :



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